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La Fédération Française de Santé au Travail, Un réseau de sociétés, instituts et groupements pour la santé au travail |
Lettre au Ministre de l'Emploi et de la Solidarité |
| Résumé : Les médecins du travail exclus de la lecture du carnet de santé écrivent à leur ministère de tutelle |
| Thème : Métier |
| Mots-clés : carnet de santé, FFMT, réglementation |
| Date de création : Déc. 1997 |
| Auteur: Dr Éric ALQUIER-BOUFFARD |
Madame Martine AUBRY
Ministre de l'Emploi et de la Solidarité
127, Rue de Grenelle
75007 - PARIS
Madame la Ministre,
Je vous prie de noter mon intervention en qualité de président en exercice de la Fédération Française de Médecine du Travail, laquelle représente 46 Sociétés scientifiques et professionnelles de médecine du travail, Instituts et Groupements de médecins et infirmières du travail, recouvrant ainsi la majorité des professionnels de la médecine du travail.
J'ai l'honneur de solliciter votre intervention afin d'obtenir modification des dispositions de l'ordonnance n°96-345 du 24 avril 1996 relative à la maîtrise médicalisée des dépenses de soins.
L'article 7-1 du chapitre 2 de l'ordonnance susvisée a inséré, après l'article L. 162-1 du code de la Sécurité Social, avant la section 1, un article L. 162-1-4 ayant pour effet de restreindre l'accès de l'ensemble des médecins du travail aux différentes rubriques du carnet de santé, tant en lecture qu'en écriture.
Nous vous demandons de bien vouloir supprimer la référence aux «médecins appelés à donner des soins aux patients» comme critères exclusif d'accès au carnet de santé et à la carte informatisée, et remplacer ladite référence par «médecins appelés à donner des soins ou des actes médicaux de prévention soumis aux dispositions législatives et réglementaires, notamment celles régissant la médecine du travail».
Une telle modification pourrait être effectuée par voie d'un texte à insérer dans les «Diverses Mesures d'Ordre Social» à intervenir prochainement.
Le Conseil d'État , saisi d'un recours contre le carnet de santé, a dernièrement confirmé la légalité de ce dernier au motif qu'un «médecin qui assure un service de médecine préventive pour le compte d'une collectivité (un médecin du travail) n'a pas le droit d'y donner des soins curatifs».
Ceci ne nous paraît rien ajouter à la véritable discussion.
Je me permets de vous rappeler que votre prédécesseur M.BARROT a reconnu que les médecins du travail peuvent, dans le cadre de leur mission légale, être appelés à donner des soins d'urgence, ou de vaccinations.
En tout état de cause, et au delà d'une stricte question de légalité, demeure le problème de fond de l'exclusion des médecins du travail de tout droit d'accès au carnet de santé, et par voie de conséquence à la carte électronique de santé ainsi qu'au futur «Réseau Santé Social».
Bien plus, se trouve ainsi en jeu la place de la médecine du travail toute entière dans la politique nationale de santé, de prévention et d'éducation sanitaire qui vous incombe.
C'est de la reconnaissance de l'ensemble des médecins du travail dont il s'agit.
Nous souhaiterions vivement connaître votre position à cet égard, ainsi que celle de notre ministère de tutelle.
Le maintien des dispositions susvisées serait en parfaite contradiction avec :
Le maintien de la disposition dont s'agit constituerait en outre une régression de la politique nationale de santé, de prévention et d'éducation sanitaire préjudiciable aux salariés dans le suivi de leur santé, en relation avec leur travail.
Le concept de SANTÉ, tel que notamment rappelé par l'OMS, ne saurait se limiter à la seule pratique de soins, et doit nécessairement inclure les actes de prévention.
La modification que nous vous demandons, serait de plus parfaitement conforme aux orientations définies par M. KOUCHNER dans ses propositions telles que formulées avant les dernières élections législatives :
A cette fin nous avons l'honneur de vous demander de :
Une prompte réponse m'obligerait ainsi que les 4500 professionnels adhérents aux 46 sociétés, Instituts et Groupements de notre Fédération.
En tout état de cause, je souhaiterais vivement pouvoir m'en entretenir avec vous dans les meilleurs délais.
Je vous prie de croire, Madame la Ministre, à l'expression de ma respectueuse considération.
Docteur Éric ALQUIER-BOUFFARD
Président de la F.F.M.T.