|
La Fédération Française de Santé au Travail, Un réseau de sociétés, instituts et groupements pour la santé au travail |
Mise en place d'une démarche ergonomique participative au sein d'une entreprise agro-alimentaire |
| Résumé : Cette entreprise, composée de dix sites industriels et deux entrepôts a développé en 2002 une formation-action à l’ergonomie pour ses opérateurs. Cette action s’est mise en place suite à la progression des déclarations en maladie professionnelle (notamment troubles musculo-squelettiques, T.M.S.) au vieillissement de la population des opérateurs, ainsi que la difficulté rencontrée face aux reclassements internes des salariés. |
| Thème : Pratiques |
| Mots-clés : ergonomie, formation |
| Date de création : Déc. 2004 |
| |
| Auteur: Dr Vincent CHEYMOL Auteur: Mr Charles DURAND |
A) Le constat |
A) Le constat
Cette entreprise, composée de dix sites industriels et deux entrepôts
a développé en 2002 une formation-action à l’ergonomie
pour ses opérateurs.
Cette action s’est mise en place suite à la progression des
déclarations en maladie professionnelle (notamment troubles musculo-squelettiques,
T.M.S.) au vieillissement de la population des opérateurs, ainsi que
la difficulté rencontrée face aux reclassements internes des
salariés.
B) Mise en place
L’objectif étant d’améliorer les postes de travail,
et au-delà, avoir un projet de santé au travail.
Pour cela, le service Ressources Humaines et le Service Médical se
sont adjoints les conseils d’un ergonome consultant qui nous a apporté sa
méthodologie.
Une étude a été réalisée pour connaître
l’impact financier des A.T. et des M.P., ce qui a convaincu la direction
industrielle et les directions d’usines, avant de lancer la démarche.
Un budget formation a été alloué, des kits de communication
ont été élaborés pour les différents publics
: direction, encadrement, CHSCT et les opérateurs.
Enfin, un article documenté dans le journal de l’entreprise
(sites industriels et siège social) a permis de recueillir les impressions
des sites pilotes.
(Tout au long de l’élaboration du projet, le CHSCT Central a été tenu
informé et a montré son vif intérêt)
C) La méthode
Le principe de cette démarche ergonomique est fondé sur l’appropriation et le partage d’une méthodologie en sept points, qui se déroule lors de 3 jours de formation :
D) La formation action
La formation s’est déroulée entre septembre 2002 et
janvier 2004, par groupes de 8 à 15 p/ usine , 10 usines+ 2 dépôts
= 118 p. formées.
Les deux premières journées se sont succédées,
intégrant l’apprentissage et l’étude, puis la troisième
journée un mois plus tard a permis le temps de la réflexion
pour le plan d’action.
Tous les niveaux de la hiérarchie ont été partie prenantes,
de l’opérateur à l’ingénieur.
E) Exemples de réalisation
Des aménagements ont été mis en place, d’autres
sont à l’étude, certains ont été écartés
par le groupe lui-même.
Il peut s’agir de modifications techniques, à titre d’exemples
:
Mais il y a eu aussi des modifications organisationnelles : mise en place
de consignes gestuelles et de manutentions (gestes et postures) rotation
systématique de postes, port d’EPI plus adaptés (bouchons
d’oreilles moulés, gants et tabliers isolants) limitation des
hauteurs de chargement de chariots ces mesures intervenant après explications
et adhésion des salariés.
Aujourd’hui un pas a été franchi, le décret sur
l’évaluation des risques de novembre 2001 a certainement favorisé la
prise de conscience collective. La santé au travail devient une nécessité pour
l’entreprise.
F) L'avenir
Pérenniser cette démarche volontariste dans le groupe formé,
en prenant soin de mener les plans d’action à leurs termes.
A chacun de fixer ses ambitions suivant les contraintes des sites : une base
d’une étude de poste de travail par an parait viable.
Apporter, développer dans l’entreprise la compétence
en ergonomie de conception auprès de l’ingénierie, en
adoptant des cahiers des charges clairs, c’est le chantier en cours.
Conclusion
La santé au travail a été réformée dans les textes, en pratique, quelques soient les moyens d’aboutir, les propos de Michel Greif sont toujours d’actualité au sujet de l’ «Amélioration des postes de travail » (Arnould et Renaud- AFNOR-janv.2004) une démarche qui relève du bon sens : observer, décrire, analyser, hiérarchiser, décider, agir.
A l’heure de la pluridisciplinarité nous avons travaillé pour l’amélioration des conditions de travail, les salariés attendaient de nous « préventeurs de tous bords » des actions réfléchies dans lesquelles ils avaient leurs mots à dire. A nous de les écouter, ne nous privons pas de moments d’échanges privilégiés, cette expérience nous l’a bien prouvée.